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Vers une éducation positive et bienveillante du jeune cheval

Lors du choix de mon premier poulain, j'ai décidé de faire le point sur un certain nombre de dimensions éthiques qui me semblaient essentielles. Sevrage, style de vie, premiers contacts avec l'Homme étaient mes priorités. Et après... il nous reste tout à créer. Voici le partage de mon expérience.

Au fil des années, j'avais enfin trouvé un élevage qui correspondait à mes attentes. J'allais enfin pouvoir acquérir un poulain né à l'extérieur au sein du harem familial et sevré naturellement aux alentours de son premier anniversaire. L'éleveuse prenait son temps pour manipuler les jeunes, sans aucun impératif. Certains découvraient le licol à 3 mois, d'autres 5 mois, l'importance était de respecter le rythme de chacun. En dehors du type et de la race, cette approche joue à mon sens un rôle essentiel dans l'éducation du poulain, mais aussi dans son enthousiasme dans les activités qui lui seront par la suite proposées.

Sa première année de vie se déroulant à 800 km, il était essentiel que je puisse accorder ma pleine confiance à son éleveuse, jusqu'à son arrivée dans son troupeau actuel. 
Follenn est arrivé en Belgique en connaissant les bases : il donnait les pieds, acceptait le licol, cédait à la pression et marchait en longe. Rien de plus n'était essentiel pour un poulain de cet âge. Je n'ai pas tenté de le "travailler" ou le sortir de son pré avant plusieurs semaines. Lui laissant le temps de trouver ses repères dans sa nouvelle vie et de créer des liens avec ses sept congénères, le choc de la séparation du harem, de sa mère et du déménagement étant déjà bien assez forts pour lui.

Une fois acclimaté, j'ai progressivement proposé des activités à Follenn. A notre rythme, on a créé des contacts au pré en liberté. Travaillant en grande partie en renforcement positif et dans un type d'équitation centrée (à pied bien entendu). Il pouvait sans aucun problème me signifier son manque d'intérêt, ou au contraire son enthousiasme. Que ce soit dans le "travail", la désensibilisation ou les balades, j'essaie un maximum d'écouter son rythme et ses envies. Car ce qui compte le plus à mes yeux est d'avoir certes un cheval franc, respectueux et proche de l'Homme, mais surtout un cheval épanoui, écouté et heureux de faire des choses à mes côtés. 

Follenn est aujourd'hui âgé de plus de deux ans et demi, ses activités en dehors du pré se limitent essentiellement à de la balade à pied, nous abordons progressivement les longues rênes en side-pull et des petits exercices de désensibilisation. Nous jouons en liberté, chose qui a toujours été faite sans stick et en liberté. C'est une réelle volonté de supprimer tout type de contrainte ou menace envers mon compagnon équin. Il n'a d'ailleurs jamais montré de signe de protestation lors de moments passés ensembles, même lorsque cela lui demandait un effort émotionnel. La route n'est pas forcément rose et linéaire, les difficultés sont rencontrées, mais j'essaie au maximum d'instaurer un dialogue entre nous et de ne jamais entrer dans un jeu de force ou de le menacer d'une quelconque manière. Et je crois pouvoir dire que nous y trouvons tous les deux notre compte.

Avoir l'opportunité de créer une relation de ce type avec un cheval est mon rêve depuis toujours. Je suis très heureuse d'avoir franchi le cap et d'avoir fait une place dans ma vie à ce second compagnon. J'espère que la route sera encore aussi belle et agréable à ses côtés :)

Et si on prenait le temps de réellement prendre le temps? Pourquoi faut-il toujours aller (trop) vite, en particulier avec les jeunes chevaux?

Ce témoignage est juste un partage d'expérience, et pas un jugement ;)

 

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